Rémi's profileAlors, ça gaspe?PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
Alors, ça gaspe?et non, même plus... à qui le tour? mes saintes écritures...
|
||||||||||||||||||||
|
4/16/2009 fin de stage alcooliséeAprès un bourrage de gueule, même léger, ne pas oublier de boire un bon litre d'eau (oui, je sais c'est sale!) avant de se coucher, pour être efficace à la visite avec le grand chef demain (surtout qd la chef directe était présente au dit bourrage de gueule et n'apportera aucun soutien).
facebook et en train de tuer nos blogs, du coup de je tente de lui redonner un peu de vie en y relatant les événements importants. 10/5/2008 Pasteurien, Pasteurienne, Pasteurisé, Pasteurisée...Le weekend dernier, je suis allé visiter l’Institut Pasteur avec Béné, organisation made in labo. Pas de bol, que des vieux. Heureusement on a retrouvé un jeune médecin de Bergonié et une interne de cancéro de Toulouse. Ça a commencé par un buffet d’accueil (c'était bon). Ensuite on a eu droit à une histoire de Louis Pasteur par une commerciale du groupe Pasteur. Elle prenait une octave rien qu’en prononçant son nom, avec les jambes flageolante comme en pleine extase. Elle nous a appris qu’il n’y a pas 10000 employés de l’institut Pasteur, mais 10000 Pasteuriens. Et donc voila quelques pasteuriens qui nous font visiter le musée du père fondateur Louis Pasteur (ce qui correspond grosso-modo à ses appatements et un atelier).
Après on nous reparle de ses travaux, qui ont commencés par l’étude de la fermentation, d’abord sur la bière puis sur le vin, ce qui lui valut un de ses nombreux prix, le seul dont j’ai pris la photo : (à Pasteur, la brasserie reconnaissante... et nous avec!)
Le type, il arrive quand meme à devenir superstar en commençant par travailler sur la bière. Moi aussi, je travaille la bière et j'ai pas l'impression que c'est ce qui va me rendre célèbre (sauf si je deviens le premier à prouver que la bière a des vertus curatives en cancérologie).
Après on a vu où le grand prophète Louis Pasteur est enterré… ça se passe de commentaire, il s’agit d’une crypte néo-byzantine inspirée de celle d’une impératrice quelconque, genre une femme de Napoléon ou quelque chose comme ça.
La conservatrice du musée était elle aussi du genre à mouiller sa culotte à l’évocation du Maitre, tout en étant aussi poussiéreuse que ses appartements et aussi investie dans le résultat des travaux de fermentation que lui !
Puis nous avons visité une des unités de recherche du labo. Ils travaillent sur la naissance des cellules souches du sang. Or, ils n’utilisent pas de souris qu’ils faut nourrir, attendre qu’elles pondent, qui puent et que les protecteurs des animaux tentent à tout prix de sauver, car ils préfèrent supporter les souris de leur plancher que les pauvres qui souffrent dans le reste du monde parce qu’on n’arrive pas encore à les soigner. Non, ils utilisent le zébrafish ! Le zébrafish est un poisson au même développement embryonnaire que l’homme (jusqu’à un certain point), qui a la particularité d’être transparent au départ et tout petit. Du coup, ils le mettent dans un fond d’eau dans une cupule et ils le mettent sous le microscope, du coup on peut le voir et l’étudier vivant ! on voit même les cellules du sang qui circulent, qui se battent contre les bactéries et tout ça… c’est cool Et figurez vous que le zebrafish se trouve dans n’importe quelle animalerie et qu’il y en a plein les aquariums de n’importe qui. Le zebrafish, je kiffe !
A la sortie du labo un bus nous attendait pour aller à l’hôtel. On a laissé les vieux monter dedans et on y est allé à pied. On est arrivé à l’hôtel avant le bus. No comment. Les chambres étaient une fois de plus très sympathiques mais j’ai oublié de les prendre en photo, la faute au whisky et au bon vin. Encore un gros buffet avec un bordeaux exceptionnel, qu’on a fini entre jeune au bar. A un moment, béné regarde ma montre et me dit qu’elle s’est encore arrêté… en fait, elle marchait très bien, il était effectivement 21h30 et on était déjà tout bourré. On a alors tenté une sortie dans le 15e, infructueuse (même si les Invalides, c’est joli) avant de rentrer au bar de l’hôtel se finir au whisky, pour finir par vomir lamentablement dans les toilettes à 3h du matin (notez que même dans ces moments-là, on continue d’apprécier être dans la salle de bain d’une chambre à 200 euros la nuit). Le lendemain, ce que je préfère dans les hotels, c’est le petit déj avec des œufs et des petites saucisses grillées. Après, on est allé avec un taxi très désagréable jusqu’à l’aéroport d’Orly. Le décollage en post-cuite, ça appuie très fort sur la tête. Je suis arrivé à Biarritz aussi fatigué qu’après une garde. ça faisait longtemps.Oh putain ça fait longtemps que j’ai rien dit ici. Combien de gardes des urgences sont passées depuis le dernier billet… un petit paquet, dont la garde du dimanche des fêtes de Bayonne, 24h de violence gratuite à réparer, avec vers 6h du matin (22e heure de la garde), alors qu’on croit que tout est presque fini, une bonne vague résultant de la charge des CRS contre une pena qui refusait de fermer. Le flashball à bout portant sur l’arrière du crane d’une jeune de 20ans ça arrache. On a bien cru qu’elle allait y passer. Ça fait aussi de l’argent tout ce boulot, trop d’après les impots. Pourtant, ils m’ont relancé après ma déclaration en me disant que j’aurai peut-être droit à la prime pour l’emploi. J’ai renvoyé les papiers en les remplissant sans faire gaffe. Ils m’ont rappelé un matin (ça fait pas commencer une bonne journée en général) en me disant qu’il y avait un souci. Au départ j’ai pas compris alors je me suis fait expliquer plusieurs fois : « mais monsieur, vous déclarez 5000 euros pour 1600 heures de travail » ben ouais, c’est ce qu’il y a sur le récapitulatif de ma fiche de paye de 2007. « Mais enfin, ça fait environ 3 euros de l’heure, et en France, c’est illégal. On ne peut pas prendre en compte votre déclaration ». Merde, mais mon employeur, c’est l’Etat… J’ai donc répété tout haut pour être sûr de comprendre : « donc je ne vais pas toucher la prime pour l’emploi parce que je n’ai pas été assez payé pour les heures que j’ai faites … » Réponse de la dame « oui, c’est ça ». Et merde ! 7/10/2008 interne à Bayonne...Ce vendredi étonnant s’est poursuivi par un sympathique samedi de garde, avec les remerciements de plusieurs familles et patients du service… et on dira ce qu’on veut, mais ça fait quand même sacrément chaud au cœur, avant d’aller prendre ma garde aux urgences. Heureusement, on était une bonne petite équipe d’internes et de chefs, on s’entend habituellement très bien. Pourtant, au premier patient j’ai compris que ce serait du grand n’importe quoi : un patient hypochondriaque qui refusait tous les examens qu’on lui proposait parce que ça lui faisait peur. Il en pleurait, en se rendant compte du ridicule de la situation « même ma femme ne me supporte plus… d’ailleurs, moi non plus je ne me supporte plus… et si je n’avais pas aussi peur de mourir, je me suiciderai ! ». Et là il faut réussir à garder son sérieux, ne pas croiser le regard du collègue si on veut éviter le fou-rire. On a vite déchanté, on a pris la marée comme on dit. Ça a pas arrêté. Je suis rentré à soustons pour dormir mon dimanche. Lundi matin, seul interne dans le service pour 2 chefs qui font la visite en même temps, j’ai couru d’une aile à l’autre comme un petit chien pour une horreur de journée. A 18h30, ça a cessé… pour que j’aille prendre une nouvelle garde aux urgences. La 1ère patiente que j’ai prise a fini au déchocage en tableau de défaillance multiviscérale. Je vous passe les détails, mais en gros son rein, son foie et son cœur ont tiré le voile en même temps. Pourtant à la voir comme ça, on pensait pas qu’elle en était là mais quand j’ai vu sa prise de sang apparaître à l’écran, j’ai un peu blêmi. Il parait qu’elle a survécu. J’ai arraché 2 heures de sommeil à cette nuit avant de remonter dans le service. Je suis rentré chez moi vers 10h. J’ai dormi jusqu’à 13h comme une pierre. Réveil en sursaut avec l’impression que le plafond vient de s’écrouler sur moi, à cause des travaux à l’internat, marteau piqueur en marche de l’autre coté du mur de 12cm sur lequel est appuyé mon lit. Douche. Des grosses voix dans le couloir, je passe la tête. Tombe nez à nez avec des types voulant regarder dans une chambre de quel genre d’installation anti incendie on dispose. J’ai pas trouvé les mots justes, mais il a bien dû trouver dans mon regard une sauce du genre « va te faire foutre » mélangé avec une pointe d’amertume. Il a sorti avec un petit sourire entendu que : «- les lendemains de fête c’est toujours un peu douloureux - j’étais de garde - ah oui, pardon, c’est vrai que vous êtes entre infirmiers ici. » Oh l’enculé. Je crois même pas qu’il l’ait fait exprès. Désolé môssieur mais moi j’ai l’honneur d’être interne, ça veut dire que ma nuit de garde coute moins chère à la société que la nuit de l’infirmier !
J’ai courageusement pris la voiture pour acheter un sandwich que j’ai mangé à la plage d’Ilbarritz (cf photo dans le billet précédent). Ça m’a vraiment fait du bien. J’ai repris la voiture pour aller à Socoa : une des patientes de ma garde venait pour une énorme chiasse avec vomit et malaise après un bon repas de fruits de mer à Socoa, d’où mon envie de voir ça. Ben c’est joli, c’est le départ de la corniche basque :
Au bout e la corniche, chsui tombé sur le chateau d'un vieil explorateur basque, fan d'Etiopie (il serait le 1er europée àen avoi fait la carte) :
Après j’ai poussé jusqu’à Hendaye, retour sur Urrugne, Ascain et Sare d’où est originaire une patiente habituée du service et d’où part le petit train montant à la Rhune… petit train dans lequel un de nos patient a vomi un litre de sang en rompant un ulcère. C’est joli le pays basque. J’ai acheté un gateau basque que j’ai ramené à l’internat. C’est bon le gateau basque.
J'ai pas bien compris à quoi servait l'agent de police...
Le lendemain, encore endetté niveau sommeil, je fais la gueule en arrivant dans le service. Le chef de service me prend par l’épaule et vient me dire : « Vermi (c’est comme ça qu’ils m’appellent : vermi rayon), ça a pas l’air d’aller en ce moment. Ce soir t’as qu’à venir chez moi, on se boit des bières et on discute tu me racontes ta vie et on oublie un peu le boulot, ça va te faire du bien. Je lui ai répondu que j’étais allé à Sare la veille. Il était fier de moi. On a fini par tous se barrer du service à 19h30, aller acheter des merguez et brochettes avec de la bière et des chips. On s’est retrouvés à regarder le coucher de soleil sur la terrasse de mon patron en sentant se fabriquer les braises du barbecue, avec mon autre chef, ma co interne et son copain, et béné. Il y avait aussi un autre gars qui semble habiter chez mon chef de service, et qui devait partir à 22h30 avec son groupe de reggae en minibus pour aller jouer en Suisse le lendemain. Ils sont finalement venus le chercher à minuit. On était tous passablement ivre. J’ai donc fini bourré à 1h30 du matin dans le jardin de mon chef de service. C’est assez inédit, mais très agréable comme sensation. Lendemain un peu difficile, petits yeux et regards en coin entre les différents membres de l’équipe médicale. J’ai fini assez tot pour rejoindre béné à la plage. Ça c’est vraiment le bon coté d’un stage à Bayonne : la plage le soir après le boulot.
Je vous laisse, je dois tenter de rembourser ma dette de sommeil avant une nouvelle garde de samedi aux urgences du centre hospitalier de la cote basque !
7/5/2008 un vendredi étonnant.Il est arrivé plusieurs trucs étonnants aujourd’hui. Le chef de service nous a remercié, ma co-interne et moi, pour notre investissement dans le service. Puis il a rajouté que c’était très bien, mais qu’il n’y avait pas que ce boulot dans la vie, qu’il y avait aussi la plage et qu’il fallait qu’on fasse attention à nous. Ensuite je suis allé aux endoscopies et c’est la première fois que je tenais les manettes pour guider la caméra dans le colon de mon patient. Mon plus jeune chef a ensuite repris les commandes parce qu’il voulait quand même y voir un minimum (afin que l’examen serve à quelque chose). Et puis en remontant dans le service, une patiente a fait un malaise puis s’est mise en arrêt cardiaque. J’ai fait un massage cardiaque et (et c’est là qu’on voit que cette journée était vraiment étonnante) elle est repartie. Ce soir elle est encore vivante, (en réanimation, certe) elle est consciente et parle sans dire plus de conneries qu’avant. C’est la première fois que je masse un patient sans qu’il meure.
Pour fêter ça je suis sorti à 19h45 du service (un quasi record de précocité !) et je suis allé à la plage, un peu au sud de Biarritz. Voilà quelques photos.
Et là ce soir je m’apprête à me coucher à la veille d’une nouvelle garde aux urgences, au milieu d'un marathon de 4 semaines sans passer plus de 24h d’affilé à l’extérieur de l’hôpital. Je suis un peu las. 6/17/2008 bayonneComme certains ont pu le constater, les débuts du nouveau stage ont été plutôt difficiles, avec notamment le 1er patient de la 1ère visite le 1er jour qui a fait un arrêt cardiaque 5 minutes après notre passage. L’histoire retiendra donc que j’ai fait un massage cardiaque à mon premier patient bayonnais… et qu’il est décédé. Les premiers jours ont donc été un fiasco monumental (un peu à l’image de l’Euro de l’équipe de France) dont je vous passe les détails les plus glorieux. Les gardes aux urgences basques restent également de grands moments au sujet desquels je continue d’avoir la nausée rien que d’y penser. Je vous préviens, je suis de garde 24h le dimanche des fêtes de Bayonne… la viande morte, je la recouds à sec ! J’ai donc eu plus d’une fois envie d’arrêter la médecine durant ces 1ères semaines. Mais du fond de tout ça a persisté une lueur qui ma tiré des larmes durant ce 1er jour cauchemardesque : à un moment de la matinée, un grand monsieur est venu se caler devant moi, il cherchait le « Dr V… » (c’est moi). Il m’a tendu un petit paquet accompagné d’un mot de la part d’un de mes patients de Bergonié. J’ai ouvert tout ça le soir dans ma petite chambre de 9m2. Il s’agissait d’un patient de mon précédent stage qui m’envoyait un cadeau en précisant dans sa lettre : tel jour, à telle heure, "je suis arrivé bien mal en point et vous vous êtes occupé de moi… ". C’est la magie de la cancérologie, on s’occupe de gens dans des états pas possible, qui souffrent et qui meurent… et on vous remercie pour ça alors qu’on ne fait que notre boulot. Pendant ce temps, dans un service plus conventionnel, les patients sont beaucoup plus exigeants.
Et puis j’ai quand même pu quitter le service pendant plus de 48h, pour aller encore en formation dans un hôtel 4 étoiles, avec un restaurant étoilé chez michelin. Je vous laisse savourer quelques photos.
Au bout de quelques semaines, ça commence à aller mieux, j’ai même pu voir la plage dimanche ! 5/3/2008 Margaux de 1999Fin de stage hier soir, j'ai rendu ma blouse après un (ou 4) verres de champagne.
J'ai reçu mon premier cadeau important de la part d'un patient : une super bouteille de vin, un margaux de 1999 qui fait bien plaisir.
D'ailleurs, ce matin, je suis assis à coté de la bouteille et je la regarde tellement je la trouve belle, tant par la qualité du vin qui s'y trouve que par le symbole... un vieil amateur de vin qui voulait me remercier de s'occuper de lui alors qu'il sait qu'il va mourir.
Ses gouts sont modifiés par la chimio et la maladie, il ne peut plus en profiter. Il avait l'air heureux de pouvoir offrir cette bouteille (parmi les mille que contient sa cave) à quelqu'un qui pourrait en profiter mieux que lui.
Elle va aller s'allonger dans la cave de mon pôpa en attendant un dimanche midi tranquille en famille avec un filet mignon cuisiné par môman. On l'ouvrira une petite heure avant le repas...
En attendant je regarde la bouteille en cherchant la motivation de nettoyer et ranger mon appart avant de partir pour Bayonne. Il y a un moustique, j'ai peur qu'il vienne me faire chier... mais non, il a bon goût le salaud! il n'arrête pas de se poser sur la bouteille. Comme quoi, les moustiques bordelais ont de l'éducation ! 4/14/2008 Bayonne! bayôôôôônneuh!Et oui, je pars pour Bayonne pour un stage de 6 mois, c'est la 1ère fois depuis 8 ans que je quitte Bordeaux aussi longtemps.
Je vais faire un stage d'hépato-gastro-entérologie parce qu'il n'y a pas que le cancer dans la vie (mais rassurez-vous y aura des cancers et des morts quand meme) dans le service que va quitter Béné. Je suis allé le visiter vendredi dernier.
En ce qui concerne les inquiétudes de mes amis : c'est à priori un très bon stage qui rentre bien dans mon cursus de cancérologie si je peux rester cancérologue, tout en me permettant de gouter une autre spécialité si je dois changer de voie (une nouvelle spécialité qui me permettra de faire de la cancéro digestive ensuite si besoin).
Et je compte garder mon appart bordelais pendant ce temps, en laissant les clés à disposition d'éventuels voyageurs d'outre-garonne.
Pour ce qui est des fêtes de Bayonne, j'en passerai l'essentiel en blouse blanche d'hopital et rouge de sang, de garde aux urgences. Quelques jours douloureux (je vous préviens, ce billet est scandaleux)Il y a quelques semaines (désolé, chsui pas à jour, mais je vais vous faire le coup du gars qui bosse bcp) j’ai été invité pour 2,5 jours de formation sur la douleur mais comme vous pourrez le constater rapidement, ça n’a pas été trop douloureux pour moi. Ça a quand même commencé par un gros souci : une hypothétique grève de train aux dates de cette formation a contraint les organisateurs à me faire voyager en avion pour être sûrs de me voir arriver à l’heure. Je dois vous prévenir tout de suite, si je parviens à me lever pour aller chercher une bière au frigo dans les minutes qui viennent, la rédaction de ce billet m’aura coûté plus cher que tout ce que ce billet raconte (je n’ai pas déboursé un seul centime dans toute cette histoire, donc autant prendre l’avion, ça va plus vite !). Donc avion. Arrivée à Orly, grève du personnel de l’entretien des surfaces, avec une pancarte s’excusant de la saleté des toilettes en guise de bienvenue, avec une bruyante manifestation du personnel sus-cité à subir puisque figurez-vous quel scandale : mon taxi avait du retard ! En fait non, il n’avait pas vraiment de retard, il attendait l’arrivée d’autres participants. Nous voilà donc installés dans une sympathique Audi A6 ou 7 pour visiter la campagne environnante. Me suis endormi comme une merde. Arrivée au château vers 15h et des poussières. Ah oui, je vous avais pas dit, c’était pas n’importe où, c’était au château de Behoust (http://www.chateaudebehoust.com , vous comprendrez mieux notre malheur en visitant ce site). Jusqu’à 19h, on fait connaissance avec nos compagnons d’infortune et on visite le site (pour vous chanceux, ce ne sera que sur internet mais moi j’ai dû y aller en vrai !). Un misérable « patio » pour patienter, avec un seul baby foot, un seul billard, un seul écran géant pour regarder toutes les chaînes du monde, et quelques pitoyables canapés plus grands que mon appartement. Ah, j’oubliais, c’était open bar mais on le savait pas encore. On se contentait de discuter. 19h, petit buffet apéritif de bienvenue… open bar donc et j’y ai fait la première de mes rencontres déterminantes du séjour : j’ai bu mon premier martini blanc, servi par un serveur vêtu d’un costard plus beau que je n’en aurai jamais. Puis petite présentation des 2 jours à venir : les Universités de la Douleur (UDD pour les intimes) et une vie de château. Repas dans le réfectoire dans le bâtiment central du château avec un monsieur habillé en cuistot qui vient vous raconter ce qu’on va manger. C’était bon. Je goûte le vin, un puligny-montrachet tout à fait exceptionnel à l’odeur et au goût. D’ailleurs, pendant que le cuistot nous raconte le repas, je n’ai de vu que pour le petit buffet derrière lui comprenant toute une portée de sœurs jumelles de la bouteille que j’ai devant moi. L’open bar continue !
Après un retour au patio et au bar, nous allons nous coucher en n’ayant même plus l’énergie de faire honneur à la piscine chauffée accompagnée de son jacuzzi, sonna, hammam... pourtant pas très loin de nos chambres luxueuses.
Petit déjeuner de roi avant de débuter les cours proprement dit. Et là, c’est la poursuite du rêve puisque les cours sont vraiment super bien fait, tournant autour de la douleur cancéreuse essentiellement. Ça fait vraiment plaisir de passer la journée avec ces intervenants géniaux. En sommet de ces interventions la confrontation avec une actrice jouant le rôle d’une patiente à laquelle on doit annoncer une mauvaise nouvelle…
Et on est presque triste de quitter les salles de cours cosy pour aller à la piscine et au jacuzzi.
Après 2 jours et demi de cette vie de rêve, je retourne dans la vraie vie de l’aéroport d’orly un vendredi à 19h dans l’aérogare des vols intérieurs, c’est vraiment l’anarchie. En récupérant ma voiture dans le parking de l’aéroport de Bordeaux (beaucoup plus classe qu’Orly, faut-il le préciser ?), j’ai à peine le temps de ressentir le manque du groupe, la mélancolie suivant un séjour merveilleux, que je file déjà à la gare pour aller chercher StefB qui vient passer un bon week-end bordelais. Et c’est parti pour 2 jours de beuverie et de rigolade, marqué par le concert de dionysos.
Au total, 5 jours de folie qui m’ont bien fait m’évader du service et des morts.
3/27/2008 Mardi 25 mars 20082 nouvelles importantes :
Thierry Gilardi est mort
(il manquait quand meme quelque chose avec la bière et les pizzas pour le match d'hier,
le four de loutros n'a pas supporté la nouvelle, il a explosé tel le coeur du thierry sus-cité)
Je quitte Bordeaux pour 6 mois (ce qui ne m'est pas arrivé depuis 8 ans)...
mais je vous rassure, c'est pour partir en stage à Bayonne, de mai à novembre, donc tout va bien. 3/8/2008 journée de la femme?(bat for lashes : what's a girl to do)
Bonne journée de la femme! (nan, je déconne!)
Pour éviter ça, je pars pour 24h de garde... et merde, je bosse qu'avec des filles...
ça me fait penser que je n'ai toujours pas développé ce qui m'a poussé à faire cancérologue, mais là, j'ai pas le temps.
Rassurez-vous la motivation est presque intacte.
Bon courage à Béné pour sa garde à elle, loin au fond du pays basque dans une bourgade appelée Bayonne.
Et StefB, désolé mais je fais l'aller-retour à Paris en avion, donc je peux pas rentrer par le meme train que toi (j'ai pas eu le choix).
Allez, bon weekend à tous! 2/10/2008 j'vais bien !J'vais bien, mais je suis en saturation de morts... y en a trop. Et puis je commence à avoir un peu plus de pression dans le service.
Je recommencerai à écrire quand j'aurais des trucs plus rigolo à raconter.
J'ai pris une semaine de vacances (dont j'ai l'impression que le bénéfice s'est déja effacé) en janvier chez Marion et elle arrive à Bordeaux en fin de semaine... période pendant laquelle, vous vous en doutez, j'ai autre chose à faire que de vous raconter des conneries!
Et je vais bientot acheter des rollers. 1/13/2008 Grande nouvelle!(jean racine)
Il y a eu un élément nouveau et important dans ma vie en ce début d’année… (non, je ne suis pas enceint).
Non, ce n’est pas non plus l’apparition d’un fer à repasser dans ma vie (z’étiez déjà au courant, et puis je m’en suis pas encore servi).
Ce n’est pas non plus mon retour dans un bar bordelais, pour la première fois depuis l’Interdiction. Et oui, après avoir affronté la cohue de la rue Sainte Catherine en ce premier samedi des soldes, il fallait bien ça. J’ai même tenté de rentrer dans un coelio pour y trouver un ou 2 Tshirt et j’ai été vite refoulé, c’est très surprenant comme sensation. J’ai à peine tenu 17secondes. Mais comment peut-on acheter des fringues en période de soldes ? Faudra qu’une professionnelle m’explique (non, quand je dis professionnelle, je dis pas prostituée, je veux juste dire une fille normale, cad qui sait faire les soldes… si vous n’arrivez pas à faire la différence, c’est pas ma faute !). J’ai mieux résisté dans la fnac. Par contre, j’ai aussi tenté de chercher de nouvelles chaussures et ce fut compliqué. Et oui, j’adore mes pumas mais j’ai peur des les voir s’épuiser et me retrouver le bec dans l’eau (les pieds aussi, du coup) si un jour elles me lâchent. Affaire à suivre… en effet, entre le moment où je commence à me dire qu’il faudrait que je prépare le changement et le moment où je parviens enfin à trouver les chaussures qui me plaisent plusieurs mois ont en général passé. C’est un souci.
Après ces moments difficiles, un retour dans le monde des bars de la place du Parlement ne fut donc pas superflu. J’ai pu y retrouver des gens en 6e année de médecine, en sortie de concours blanc, ainsi que Coco, interne de réa de Poitiers, actuellement à la Rochelle, et qui nous a gratifié de certaines histoires pittoresques à base de matériel de bricolage dans différents orifices corporels impromptus et mal adaptés à ce type de pratique.
Et me voilà donc dans un bar avec pour la première fois le besoin de laisser passer les gens devant prendre leur traitement pour le cœur (en aérosol) dans la rue. D’ailleurs, à ce sujet, je tiens à souligner ici un des premiers effets pervers de l’interdiction de fumer, et je ne parle pas de l’agressivité des bronchites chez ces pauvres fumeurs devant s’intoxiquer dans le froid mais bel et bien d’une calamité : l’apparition des gosses dans les bars. Et oui, après les avoir menés dans un abominable bain de foule soldé, les parents n’ont pas eu de meilleure idée pour faire un break que de se retrouver dans un bar à bière. Et v’là ty pas qu’on se retrouve emmerdé dans le sirotage de sa bière par un geignement de sale gosse (s’il y en un seul d’entre vous qui me répond que j’ai qu’à ne pas commencer à boire dès 18h15… je n’ai rien à répondre). Après avoir milité pour remplacer les wagons fumeurs en wagons enfants à la sncf pour que les mioches arrêtent de me les briser même en voyage, il va falloir se battre pour faire des salles avec et des salles sans enfant dans les bars. Et oui, le Mojito n’a pas le même goût quand un sale chiard te regarde avec ses grands yeux au milieu d’un visage pas fini. J’allais dire que moi, les enfants, je les préfère chauves et dans une chambre stérile, mais c’est un peu choquant alors je le dis pas.
L’élément nouveau dans ma vie, ce n’est pas non plus cette nouvelle coiffeuse que je suis allé voir samedi matin (parce que mon ancienne coiffeuse, elle est fermée le samedi…). Je suis donc allé en bas de chez moi chez une coiffeuse « sans rendez-vous », en craignant donc qu’elle me coupe tout ça en 5 minutes, avec des épis partout… surtout que j’y suis allé pile à l’heure de son repas. Mais en voyant le prix sur la devanture (25euros, ça m’a fait bien mal), je me suis dis que quelque chose n’allait pas dans le tableau. Toutefois, la seule cliente ressemblait bien à une dame allant chez sa coiffeuse chère : la cinquantaine sophistiquée et bien élancée de la bourge bordelaise dissertant sur le nouveau régime à la mode à son boulot : 4 jours par mois de diète bien contrôlée, puis on mange normalement le reste du temps et je vous jure : on continue à maigrir après ! Elle a donc perdu un kilo comme ça alors que certaines secrétaires ont réussi à en perdre 4 !!! Non, sans déconner ! Bon, je vois pas pourquoi elle cherchait à le perdre son kilo, mais c’est comme les soldes, faudra qu’une professionnelle m’explique… Mais au lieu de me relâcher au bout de 5 minutes comme je m’y attendais, elle a mis 51 minutes. Putain, elle m’a coupé cheveu par cheveu… et oui, parce que j’ai les cheveux raides et que si on se contente de les couper droit ça se redresse tout le temps. Donc elle a pris cheveu par cheveu pour les couper dans le sens de leur implantation. C’est long. Ça coûte 10 euros de plus qu’une coiffeuse normale. Mais je sais pas si ça change grand-chose.
Ce n’est pas non plus l’acquisition de rollers qui change ma vie, puisque je ne les ai toujours pas acheté. Mais c’est prévu pour bientôt. Je suis allé à Sport Aventure, le meilleur magasin de sport de Bordeaux et je me suis fait expliquer ce que je devais acheter pour ma consommation personnelle. Vraiment, je sens que vous n’en pouvez plus d’attendre de savoir enfin ce qui a changé dans ma vie, mais j’aimerai louer ici le professionnalisme (non, arrêtez de penser aux putes, ce sont tous des mecs) (oui, je sais, ça empêche pas, mais restons sérieux) des vendeurs de sport aventure, vraiment ils prennent soin de leurs clients et ils savent de quoi ils parlent.
Bon, j’arrête de vous faire languir, est temps de vous dire ce qui a changé dans ma vie, un vrai élément d’ordre à perturber tout mon mode de vie : Je me suis acheté un jeu vidéo de football pour mon PC ! Impressionnant non ? ça valait le coup de lire tout ça, n’est-ce pas ?
1/8/2008 ooooh! temps, suspend ton vol... eeeeet merde!J’ai pris 16 minutes ce midi vers 14h41 pour manger en espérant sortir tot ce soir. Tant pis. J’y ai vraiment crû jusqu’à 18h, quand… « Rémi, ça va vraiment pas en chambre 72 ! », mais vraiment pas, genre on y va en courant… Et là le temps s’arrête. Patient en état de choc ou presque, 3 infirmier(e)s qui s’affèrent tout en me demandant ce que je veux qu’on fasse… (moi?)
Dans Srcubs, Eliott explique à JD quand dans ce cas-là tout ralentit et se suspend, qu’elle prend ensuite problème après problème et qu’elle règle chaque chose en son temps.
Pour moi, ça a pas vraiment marché. Faut réfléchir à cent à l’heure, en essayant de comprendre tout ce qui peut être en train de se passer tout en se demandant ce qu’il faut faire, en donnant les consignes à l’équipe tout en répondant à leurs questions et en continuant à examiner le malade pour comprendre ce qui se passe et ainsi de suite… jusqu’à ce qu’un médecin adulte arrive et prenne le relais. Après ça s’enchaîne, le réanimateur arrive, le patient part en réa, on rédige un courrier de synthèse en faisant le point sur le dossier, voir s’il y a des choses qui sont passées à l’as, et enfin appeler la famille pour expliquer la situation… une évolution péjorative à attendre dans les prochaines heures. Bien sûr, le reste du service est plein, avec tous les petits et gros tracas qui vont avec…
Le calme revient il est 21h. J’ai encore gâché une petite soirée que je voulais tranquille. 1/6/2008 bonne année...J'ai pas autant d'imagination que stefB pour mes voeux, je vais juste vous souhaiter une année pleine de....
BIERE
avec un petit guide pour maigrir grace à la bière, à condition d'en boire beaucoup beaucoup,
suffisament pour vomir toutes les calories et oublier de manger :
(notez la technique atypique du vidage de canette en fin de vidéo)
prenez la vie coté bière! 1/1/2008 reveillonsympathique garde du 31 décembre, champagne crevettes foie gras tariquet saumon fumé...
(j'espère que Béné et Elie ont passé une bonne garde aussi)
les bonnes nouvelles sont que j'ai été payé et que mes patients ont tous fini l'année
la mauvaise nouvelle c'est qu'ils n'ont pas tous fini la nuit.
allez, je vais dormir. 12/29/2007 joyeuses fêtes!(comme me le souhaitent mes patients!)
(tindersticks : dying slowly)
Je suis au milieu de 4 jours consécutifs sans aller à l’IB (ndlr : institut Bergonié) Rassurez-vous, je continue à rêver de mon service chaque nuit, à me réveiller presque le stylo à la main pour signer les ordonnances de sortie des patients. C’est embarrassant le contraste entre les gens qui souffrent et meurent dans le service et moi qui fait la fête dehors. Meuh bon, comme me l’a bien fait remarquer Clélia (et elle a raison) : tu as le devoir de t’amuser par respect pour ceux qui ne peuvent plus et qui le feraient s’ils pouvaient. Yeah baby !
Donc le weekend dernier, fête Muflionne. Et comme je grandis, j’ai même pas vomi. Vendredi soir à Bordeaux, une poubelle a pu faire 1,5km au bras d’un MUFLOS avant de se faire intercepter à quelques centaines de mètres de l’arrivée… abandon sur casse mécanique ? Pas vraiment. Le résultat positif, c’est que ça m’a évité de me réveiller samedi matin avec une poubelle dans l’appart. Un peu plus tôt, dans un bar proche du Grand Théâtre, grâce aux connaissances de stefB dans le milieu des bars bordelais, on s’est pochetronnés au champagne (offert par la maison), puis au rhum à 40euros la bouteille (au lieu de 80), payé par lionel pendant que stefB endormait la serveuse.
De retour à l’appart (sans poubelle) on a perdu Lionel dans les toilettes avant de comparer nos nuisets et nos copines respectifs avec StefB (le mien et la mienne sont mieux, surtout avec l’objectivité de mes 2,5g d’alcool dans le sang).
On est rentré dans les Landes samedi matin vers 15h. Les Muflos ont découvert avec consternation ma façon de conduire : je respecte (à peu près) les limitations de vitesse.
Samedi soir au Sax. Bière bière bière. Puis il faut bien se lever pour aller au resto réservé. Mais vous souvenez-vous du billet de stefB expliquant la difficulté de tout finir en même temps : le vin rouge, le fromage et le pain… à chaque fois il faut se resservir de l’un pour finir l’autre… Là, pareil, impossible pour 15 personnes de finir sa bière ou son ricou en même temps… Fatalement certains ont dû donner d’eux même pour faire un cul-sec de bière à peine entamée.
Repas au Tex. 13 mecs et 1 fille. Un ratio acceptable pour une bonne ambiance. Avec une citation représentative de la soirée : « dans la vie, j’ai 2 passions : la poésie et baiser des putes ! ». Et au service un JeanLuc assez performant pour nous faire rire. Non, bonne soirée.
Retour au Sax. Je commence à bien comprendre que de tous les sympathiques gens présents ce soir, un certains nombre sont déjà sur Bordeaux ou vont y arriver dans les semaines à venir. Bonnes soirées en perspective. Lionel ramasse toute nos conso permettant d’aller jouer au 421… Il botte les fesses de tout le monde et revient avec tous les cadeaux : un magnifique Tshirt d’entrainement de foot, un caleçon vert, un ballon… Je commence à être sérieusement ivre. Pôpa et môman viennent me chercher. A 4h du matin devant le bar, ils voient débarquer lionel en caleçon et Tshirt pour leur souhaiter une bonne soirée. Je suis ivre-joyeux. Le parents ont l’impression d’avoir un enfant de CM2 à l’arrière de la voiture, avec l’envie de lui dire de fermer sa gueule tellement il dit de conneries… (moi, ça me paraissait censé ce que je disais…)
Dimanche dodo.
Lundi 24 décembre dans un service de cancérologie… ça commence comme dans un western… le service est à peu près vide et calme. Le patients présents vont forcement pas très bien, mais globalement c’est assez cadré. Puis les urgences arrivent. De tous les patients qu’on essaie de faire sortir pour les fêtes alors que leur état est un peu limite, on sait très bien que certains ne tiendront pas et reviendront dans la journée. Gagné ! une ou deux aplasies fébriles reviennent. Et dans tout le service, progressivement, lentement mais surement, ça commence à partir en sucette. Pour ma part, après ce weekend agité, je sens monter une bonne crève bien efficace. Je reprends la voiture le soir pour fêter noel à soustons en famille. J’arrive tellement crevé que je m’endors comme une loque, je dors toute la journée du 25 et il est temps de rentrer à bordeaux.
Mercredi 26 décembre dans un service de cancérologie… même pas de round d’observation, ça part en sucette dès la première minute. Et je suis vraiment tout seul cette fois-ci. Les seuls médecins du service présents sont en consultation, joignable uniquement par téléphone. Les patients qu’on a fait sortir juste pour Noel reviennent pas toujours en forme…ceux qui sont présents ne se présentent guère mieux. Il y en a un que je trouve pas au top, genre il aurait une patate qui pousse dans le crane que ça m’étonnerait qu’à moitié. J’appelle le scanner parce que ça me parait être une urgence et je me fais envoyer péter par le manipulateur radio. Ça m’énerve un peu. Je rédige un joli bon de scanner expliquant clairement que je pense que mon patient est dans une situation foireuse et je descends au scanner pour le montrer (le bon de scanner, pas le patient) directement aux radiologues. Ça passe nickel, même pas besoin de bouder, pleurer en tappant des pieds, se rouler par terre en devenant tout rouge... Résultat de la photo : bingo ! un pêche qui repousse en intra-crânien. Là, faut aller expliquer au patient que ce serait bien qu’on le garde quelques jours avec nous…
15h30 : la matinée s'achève, j'ai faim, je vais acheter un sandwich au relais H où une vendeuse a le bon gout de le prononcer « sanwouiche », ça égaille mon repas.
21h, je quitte le service pour 4 jours consécutifs… ça me stresse de laisser mes patients aussi longtemps. Je me demande lesquels seront encore là lundi quand je reviendrais.
Jeudi, je rentre à Soustons pour boire le bon vin de pôpa en famille. Et là il faut encore se battre pour faire valoir son droit à la différence : oui, je bois du vin rouge avec tout ! Le château Bouscassé de 2001, je le bois dès l’apéro ! et pour le foie gras, je veux aussi du vin rouge ! et pour le saumon grillé, je veux encore du vin rouge ! et il faut vraiment se battre parce que pôpa revient récemment d’alsace avec de pleines caisses de vin blanc du meilleur goût parait-il… M’en tape, veux du rouge !
Dans la nuit, entre 2 rêves du service où j’anticipe les dossiers du début de l’année, je me rappelle que les parents ont des bons d’achats chez conforama. Je m’imagine déjà avec une nouvelle lampe, des étagères pour ranger les cd, une table de nuit… Môman me rattrape au matin en disant que je n’ai toujours pas de fer à repasser. Je sais que j’ai déjà perdu ma lampe et mes étagères… ce sera un fer à repasser. Et merde, ma dernière excuse pour ne pas acheter de chemises vient de voler en morceau.
Dans tout ça, on est le 29 du mois et j’ai toujours pas été payé. Fais vraiment chier : je veux un salaire pour le boulot que je fais !!! c’est trop demander ? 12/20/2007 baisse de formeJ’étais tout seul dans le service aujourd’hui. J’ai expliqué à une fille de 6 ans la maladie de son papy, détruit l’espoir d’une famille en devant préciser que oui, leur père-frère-mari allait sûrement décéder dans les heures ou jours qui viennent (joyeux noël !), avant de discuter avec un mec d’une trentaine d’année, un peu roots, que je trouve admirable… Il vit seul avec son père chez qui on vient de découvrir un cancer. Il s’en occupe vachement bien, se demande comment il va pouvoir s’en occuper encore dans leur petit appart maintenant que son état s’aggrave… je trouve ça admirable.
Une jeune personne est en train de décéder dans le service. Elle voulait tenir jusqu’à Noël, un dernier Noël avec son enfant, mais ça s’aggrave chaque jour… et « vous comprenez je ne peux pas mourir le jour de Noël, je ne peux pas laisser ce souvenir là à mon enfant… » et « j’ai fait jurer à mon mari qu’il refera sa vie » puis « je m’occupe déjà de mes funérailles, je ne veux pas que mon mari ait ça en plus à s’occuper… »
On est également en train d’organiser une fête dans la chambre d’un jeune patient, car il ne sortira pas à Noël (s'il sort un jour de chez nous…)
Et dans tout ça je suis vidé. Demain soir il faut que je prenne une bonne charge dans une bonne vieille tournée des bars. Ce soir j’ai pas le courage de penser avec joie à cette soirée… mais nul doute que l’art de vivre MUFLOS n’arrive à me rendre ce courage. Je compte sur vous les gars ! 12/17/2007 Bordeaux - MarseilleNon, je ne veux pas parler des 6h de trajets de train, dont le prix a doublé depuis les nouveaux tarifs SNCF.
Je voulais juste dire que l'honneur est sauf, meme si on n'a pas pris les 3 points, au moins on n'a pas perdu...
Après avoir été menés 2 à 0 par l'OM, les Girondins sont revenus à 2-2 sur la fin... Cool.
30 ans d'invincibilité, ça vous coupe le souffle non?
Bon, sinon, il faut retourner à l'IB ce matin...
et je ne suis pas encore tout à fait remis du marathon des 2 dernières semaines.
Hate d'être à vendredi, avec le retour d'un Muflos sur Bordeaux. 12/16/2007 marathonVoilà, c’est fini, je peux souffler après un marathon de 2 semaines d’affilée à l’IB (rien à voir avec Ebay, ça veut dire Institut Bergonié), plus de 150h de boulot terminées hier matin vers 10h30… en étant tout seul plus de la moitié de ce temps là. Ames sensibles, je vous absous de la lecture de ce billet, ça part grave en sucette…
Après le craquage de jeudi dernier, le we est passé avec de petits moments de crises mais tout le monde s’en est sorti vivant. L’écoeurement atteint son comble mardi soir, avec une patiente dont je me suis occupé tout seul de bout en bout et que je pensais perdre dans la nuit. Et je voulais pas ! Le weekend fut assez chaud et lundi soir je pensais avoir passé la phase la plus critique. C’est ce que j’avais dit à la famille. Mardi j’ai pas eu le temps de la voir de la journée (34 patients à gérer, c’est un peu trop pour moi) et elle a replongé dans la soirée. Je suis rentré chez moi à 21h, dégouté, pensant que la nuit lui serait fatale. J’aurai voulu qu’un médecin adulte valide ce que j’avais fait pour elle. Je voulais pas que quelqu’un décède en n’ayant vu que moi. Et la famille n’était pas encore prête… je les sentais pas. Un autre patient continuait de souffrir sans que j’arrive à le calmer, malgré une association de tous les antalgiques que je connais, à des doses mortelles n’importe qui.
Et contre toute attente, jeudi arriva enfin avec le retour des adultes et tout le monde encore en vie (si vous cherchez à savoir ce qui s’est passé mercredi, moi aussi, c’est plus très clair dans ma tête). Pour la 1ère fois depuis plusieurs jours, je retournais bosser avec le sourire. Ça a pas duré… La journée fut marquée par 3 sepsis sévères et 2 aplasies fébriles (des trucs graves quoi…). Raaaaaaaahhhhhhhh ! Putain mais ça n’avait donc pas de fin ? J’ai pas desserré les dents de la journée.
L’état d’un autre patient s’est dégradé lentement mais sûrement au fil de la semaine.
Les médecins adultes ont pu préparer les différentes familles concernées à des fins à cours terme. Ça me soulage énormément parce qu’égoïstement je préfère que la famille soit déjà au clair sur ce qui peut arriver quand je les appelle en pleine nuit pour annoncer un décès.
On a fait le point sur tout ça vendredi matin. Pas brillant. Un nouveau dossier chaud : de nouvelles défaillances chez une patiente qui ne se rend pas compte de la gravité de sa maladie et donc un entourage absent, pas au courant… ma collègue était censée les prévenir dans la journée. Je suis aperçu plus tard (trop tard) qu’il n’en était rien.
Début de ma garde vendredi soir comme un bon vieux diesel. Rien jusqu’à 22h. En rejoignant ma chambre pour regarder la star ac, je me suis dit que certains ne verraient pas le jour se lever. 23h, premier décès de la nuit. C’était prévu (c'est celui qui s'est dégradé lentement mais surement au fil de la semaine), mais en posant ma main et mon stéthoscope sur la poitrine je n’arrivais pas à croire que c’était fini. Je persistais à vouloir y entendre du bruit et sentir un mouvement (en même temps, valait mieux pas, la famille était déjà prévenu du décès…). Et tout s’est enchaîné. Avant même qu’un jeune artiste ne voit finir son rêve en se faisant éjecter de la Star Ac, mon dossier chaud de la matinée reste souriante et joviale, mais a planté ses constantes, tension dans les chaussettes, 40°C de fièvres avec moins de défenses contre les infections que le PSG contre les attaques adverses, et 3 pauvres plaquettes (ça sert à faire coaguler le sang), un taux d’hémoglobine insuffisant pour oxygéner le petit orteil gauche d’un cycliste. Et la dame commence à sentir que quelque chose cloche. Elle me parle des bains de bouches qu’elle fait continuellement parce que ça lui fait du bien et que sa bouche lui parait bizarre. Mon cœur rate une marche quand j’y jette un coup d’œil avec ma petite lampe. Ses muqueuses sont gorgées de sang… ça commence à suffuser dans le fond. Comme quoi, un taux de plaquettes normal, ça peut aider. Merde merde merde. Je me recompose un visage rassurant avant de continuer la discussion, en lui expliquant qu’on va devoir la surveiller un peu plus attentivement que d’habitude cette nuit. Un euphémisme. Je sors appeler le réanimateur de garde (chez lui au chaud, le veinard !). En lui expliquant la situation à haute voix je suis effaré par ce que je raconte. Il conclut à ma place sur la situation et ses mots me glacent le sang. Il me dit de la monter en réa et me donne les consignes pour les infirmières. Je reviens expliquer à la patiente qu’on doit l’emmener dans un autre service où on pourra mieux la surveiller. Elle me fixe droit dans les yeux de son regard candide et me dit sous forme de boutade que j’ai quand même intérêt à la laisser sortir passer les fêtes chez elle. Moi, je sais pas si elle va passer la nuit. J’arrive pas à répondre parce qu’à l’intérieur c’est comme si une porte vitrée venait de voler en éclat. Je soutiens son regard en répondant à son sourire, c’est l’infirmière qui me sauve en lui répondant par une autre boutade. Merci chère infirmière.
Je monte expliquer aux infirmières de réa la situation. Elles gèrent, ça fait du bien. Pendant qu’on installe la patiente là haut, les infirmières de mon étage m’appellent pour prévenir d’un nouveau décès, celui de la patiente que je ne voulais pas voir mourir mardi soir.
Je redescends constater le décès. Il est 2h du matin, j’ai 2 coups de téléphones sympathiques à passer : annoncer un décès (heureusement que la famille est au clair…) et prévenir l’entourage de ma patiente qui n’est absolument pas au courant de la gravité de la maladie que je viens de la faire monter en réa.
Ensuite je regagne ma chambre pour aller rédiger le compte rendu des dernières heures sur le cahier de garde avant de remonter dans le service accueillir la famille de ma patiente décédée.
Entre 3h et 7h, je n’ai été réveillé que pour des soucis de douleur, d’anxiété et de vomissements. Ensuite, un jeune homme avec une histoire horrible de plusieurs cancers consécutifs plus ou moins induits les uns par les autres commence à aller vraiment mal. Il est presque 9h du matin, j’appelle le médecin de ce patient pour prendre les consignes. Je mets le traitement en place et laisse un mot dans son dossier pour l’interne qui prendra la suite.
Ma patiente en réanimation est toujours vivante, plutot en forme par rapport à ce que j'attendais.
Je rentre enfin chez moi vers 10h30, on se les gèle dehors. Il faut faire quelques courses parce que j’ai plus rien à manger, lancer une lessive, appeler môman puis ma ptite Marion pour me faire plaindre avant de m’étaler dans mon lit.
Et puisqu’il ne faut pas perdre de vue ce qui a vraiment de l’importance, il faut soutenir Bordeaux qui joue contre Marseille ce soir (la dernière victoire de l’OM à Bordeaux remonte à 1977). Ce serai trop demander que Bordeaux me fasse ce petit bonheur ? 12/8/2007 GardeJe pars pour 24h de garde.
Je vais devoir gérer tout seul celui qui m'a pourri jeudi soir, j'ai hate... comme ça va être agréable.
Samedi prochain à cette heure-ci, j'aurais bossé 148h en 2 semaines.
Message à la famille : ça y est j'ai un peu d'argent pour vous acheter des cadeaux de Noel, mais j'ai tjs pas le temps!
J'ai l'impression que Lionel vient avec StefB le vendredi 21, ça me fait super plaisir de vous revoir...
Ce sera le 3e jour ce mois-ci où je n'irai pas dans le service.
12/6/2007 des nouvelles rapides...Je viens de sortir du boulot, je suis fatigué et j'ai faim, j'ai encore 2 articles à lire en anglais sur les thérapeutiques ciblées dans le cancer du rein.
2 bonnes nouvelles depuis que j'ai oublié mon ordi chez mes parents (je viens de le récupérer) :
- J'ai été payé, et plus que je ne l'espérais : 1298 euros. C'est cool.
- La semaine passée fut la première durant laquelle aucun patient n'est décédé.
Mais ma collègue est de nouveau absente depuis ce matin et jusqu'à mercredi.
J'ai craqué pour la première fois dans le service quand un conjoint m'a accablé devant l'inefficacité et l'agressivité de nos traitements sur son épouse. Il ne m'a pas vraiment engueulé, il m'a mis minable, sous le tapis, méthodiquement.
Un peu plus tot, une patiente s'interrogeait (et moi avec) sur le sens de la vie, de cette vie, de cette maladie et sur l'interêt discutable de continuer à lutter.
11/25/2007 et ben tant pisTout le monde se rappelle ce qu'il a acheté avec son premier salaire. Moi, ç'aurait peut-etre été mon premier jean's à plus de 50 euros.
Manque de bol, entre mon loyer (547), mon inscription à la fac (450), le téléphone (45), internet (30), il ne me reste déjà plus rien avant meme de commencer le mois.
Vous me direz, pour les cadeaux de Noel, c'est pas un souci puisque j'aurais pas le temps d'en acheter, je suis de garde tous les weekend jusqu'à Noel (non, pas les 22 et 23 décembre, rassure-toi stefB, je serai là).
On est dimanche soir et je vais me coucher à 9h tellement chsui fatigué.
Et le courage me manque à l'idée d'y retourner demain.
Fais chier. 11/24/2007 Mort 3 - Rémi 0Depuis le début du stage : Mort : 2 Rémi : 0
Certes, la partie n’est pas aisée pour moi, mais comme cela se dit déjà dans mon service, je vis un peu dans le monde de oui-oui : j’y crois. Enfin j’y croyais avant jeudi, 8h37, heure de Paris.
J’étais seul interne dans mon service, François, Pierre, Gabriel et Anna, les médecins-adultes du service faisant quelques apparitions au fur et à mesure de la journée, ainsi que Tonton. Je savais qu’un des patients du Tonton dont je m’occupe (le patient, pas Tonton, ce serait plutôt Tonton qui s’occupe de moi) était au bloc opératoire pour une intervention simple. François arrive avec son air nonchalant habituel et me glisse à l’oreille que l’intervention sur le patient de Tonton a foirée, du genre TV torsade de pointe ou fibrillation ventriculaire, suivi de quelques menus chocs électrique (oui, comme à la télé mais comme j’ai pas la télé, j’aime bien voir ça en vrai)… Aie. L’interne de réanimation arrive et me décrit l’intervention d’une voix incertaine, mains et lèvre inférieure tremblante… encore sous le choc. On ne sait pas pourquoi tout est parti en couille à ce point-là. On revérifie tout… non, rien de laissait prévoir une telle foirade.
Une patiente qu’on a transfusée la veille se réveille avec un bon 39°C de fièvre. Je préfère ne pas commencer les antibiotiques. Je demande confirmation à Gabriel qui passe plus tard dans la matinée… on la met sous antibiotiques.
Une 1ère patiente est au bloc de radiologie pour un geste sous contrôle scannographique.
Une 2e patiente, avec une maladie avancée, multimétastatique mais un moral en acier trempé part à la radio pour un bilan préthérapeutique.
Un patient en état précaire se présente avec un abcès bien coulant et puant. Sur ce terrain, je commence à flipper un peu. J’appelle le chirurgien qui passera dans l’après-midi.
Une ponction lombaire est prévue pour un patient, mais je préfèrerais qu’un médecin-adulte soit présent.
La famille du patient en réanimation arrive. Elle me demande comment l’intervention s’est déroulée. On s’assoit tranquillement dans la chambre. Elle comprend que quelque chose ne va pas. Je leur annonce que tout ne s’est pas passé comme prévu… bla bla bla… bla bla bla. On monte tous ensemble en réa pour voir le patient. Je suis un peu soulagé en voyant mon patient réveillé alors que l’interne de réa m’avait dit qu’elle n’y arrivait pas.
Sortant de la réa, je croise ma patiente du bloc de radiologie dans le couloir… c’était pas prévu : encore un geste qui a foiré aujourd’hui. Le réa-adulte me regarde en se demandant pourquoi mon service lui en veut à ce point aujourd’hui…
De retour à mon étage, les radiologues m’appellent pour me dire que la 2e patiente (multimétastasée) a un pneumothorax. Ils vont me faire passer les clichés pour que j’appelle les réanimateurs pour drainer le pneumothorax. Je vais voir ma patiente pour lui expliquer la situation. Elle commence à sangloter. Je ne trouve pas les images radio. Je lui explique que tout va bien se passer, que ça explique son état actuel et que c’est parfaitement curable. Tout va bien se passer, lui dis-je en me demandant comment je vais faire pour expliquer ça aux réanimateurs sans qu’ils se mettent à croire que je leur en veut vraiment aujourd’hui.
Je rappelle les radiologues pour avoir les clichés de la dame… Ah ben non, ils se sont trompés, y avait pas de pneumothorax, c’est « juste » une atélectasie. « JUSTE » une atélectasie… putain, un pneumothorax ça se traite mais si c’est une atélectasie on ne peut rien faire en dehors d’espérer que la chimiothérapie fasse fondre la métastase en cause. Je retourne voir la patiente pour lui expliquer que c’est pas un pneumothorax. Elle comprend trop bien la situation. Je lui explique que c’est un mauvais cap à passer. On attend l’efficacité de la chimio. « Mais en attendant ? » demande-t-elle… On l’a mise sous corticoïdes pour l’aider à respirer mieux. « Et si la chimio ne fait pas effet ? »… Mais qu’est-ce que vous voulez que je réponde à ça, moi ?
Je me demande combien de patients vont survivre à cette journée.
Je reçois un appel d’un médecin traitant me signalant qu’un de nos patients est à 5g d’hémoglobine (c’est très bas), avec 1000 plaquettes (c’est tellement bas qu’on considère qu’il n’a même plus de plaquette). Je m’étrangle un peu, lui demande de répéter, de confirmer qu’il y a bien écrit « par mm3 » derrière le 1000. Il confirme. Le patient est déjà dans le SAMU vers l’hôpital le plus proche pour se faire transfuser. J’appelle le laboratoire qui a dosé les plaquettes et leur demande confirmation. Ah ben non, ils se sont trompés, c’est pas 1000 plaquette par mm3, mais 1,000 giga par litre, c'est-à-dire 1 000 000 de plaquettes par mm3, ce qui est trop, mais ça me va mieux. Je résiste à l’envie de les agonir d’insultes avant de rappeler la famille et le médecin traitant en leur expliquant que ça va mieux, « tout va bien se passer ».
J’ai faim. La réa appelle pour nous faire redescendre le patient choqué ce matin. Je me heurte à un « non » catégorique des infirmières du service. Chsui un peu emmerdé. Heureusement, François est là et va négocier une trêve avec les réa qui acceptent de nous le garder encore un peu.
Je pars manger avec les internes d’un autre service. Ça détend.
La 1ère patiente des radiologues revient de la réa. En fait, elle a une plaie du bras qui va jusqu’aux tendons. Je comprends pas comment une intervention au niveau vertébral peut se finir avec une telle plaie de l’avant bras.
Pas le temps d’investiguer, le chirurgien est là pour l’abcès. Ça pue comme jamais j’ai senti quelque chose puer. Je me dis que toute cette journée pue, de toute façon. Le chirurgien est vachement sympa, comme tout le monde dans cet hôpital (ça en devient louche). Il me conseille de mettre ce patient sous antibiotiques. Pas con. Je demande plus tard à François qui me confirme que c’est pas con. Cocktail demandé : C3G-aminosides-Flagyl, en plus des antifongiques qui étaient déjà en place. La pharmacie hurle à la mort et rappelle, me demandant si j’ai perdu la raison. Je leur confirme (que j’ai perdu la raison) que c’est bien ce que je veux et que s’ils voyaient le patient ils comprendraient.
Je reçois l’appel d’un patient qui a 39°C de fièvre, chez lui, qui a donc fait réaliser un bilan sanguin (comme on lui a bien appris) montrant un taux de globules blancs à peine suffisant pour défendre son auriculaire gauche. Mais sinon il se sent très bien et me demande s’il peut aller bosser le lendemain. Je lui réponds qu’il va plutôt venir se faire hospitaliser chez nous.
Je vais faire la ponction lombaire prévue depuis le matin. Je la foire comme un débutant. C’est normal, je suis un débutant. Gabriel arrive, enfile ses gants, replace le patient, pique, réussit son geste du premier coup et me rend la main pour que je finisse le bouleau.
En sortant, je m’aperçois que 4 patients sont arrivés pendant ce petit interlude « foirade de ponction lombaire ». Il est 16h30. Il faut que je les ai tous vus avant 17h30, heure de fermeture de la pharmacie, parce que si j’ai besoin de médicaments pour eux, je n’aurais plus rien. Justement, un patient arrive d’un autre service sans son traitement, et il s’agit d’un antibiotique aussi facile à trouver qu’une secrétaire après 17h. Je rappelle la pharmacie pour mendier ce traitement. Pas de bol. Je l’aurais que demain matin.
Les réanimateurs décident de garder mon patient jusqu’au lendemain. Je leur demande de commencer le traitement de son cancer dès aujourd’hui, chez eux, sans attendre qu’il redescende. Là, à voir le regard que me renvoient les spectateurs de ce coup de téléphone, je pense que j’ai un peu élevé la voix pour faire comprendre l’importance de commencer le traitement sans attendre. Oui, certes, je me suis un peu emporté, mais le traitement commence.
La journée commence à se tasser. Je peux aller voir plus calmement les patients que j’ai délaissés aujourd’hui. Une infirmière me demande mon salaire. Elle est choquée par la réponse.
20h30, je quitte le service. Sur le trajet du retour je me dis que la journée a été dure et me mets à pleurer comme un gosse. Mais comme il pleut, ça se voit pas.
8h30 le lendemain matin. On m’annonce à mon arrivée que le patient de la réa est mort ce matin. LeTonton arrive et on va voir la famille.
Mort : 3 Rémi : 0 |
revivez les meilleurs moments de ce blog (pour les nouveaux venus et les nostalgiques)
Public folders ![]() Amorgos is paradise (juillet 2005)
![]() anniv 23 ans
![]() Arles
![]() Bordeaux
![]() cours à Tour 2008
![]() déformation
![]() famille
![]() Hémato
![]() Les UDD
![]() los muflos
![]() ma ptite Marion
![]() Martine
![]() MAT
![]() moipetit
![]() mon appart
![]() plage de Vieux Boucau
![]() Public
![]() révisions ensoleillées
![]() road-trip juin 2004
![]() RRRRRRrrrrRRRRrrrrrhhhhhh
![]() Santorin
![]() Sardaigne 2004
![]() Sicile 2004
![]() textes
![]() WE muflerie soustonnaise
![]() WE Royan oct 2005
|
|||||||||||||||||||
|
|